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Des produits aux mille couleurs

Les colliers, bracelets, boucles d'oreilles sont confectionnés à partir de perles d'argile cuites, peintes à la main et vernies.

 

Un savoir-faire venu du tissage

La technique de fabrication de perles est un dérivé de l’activité de filature traditionnelle du coton local : les perles servaient de toupie à quenouilles. Ce n’est que récemment qu’on les a montées en collier.

Les perles sont en argile : les hommes vont la chercher dans les bas-fonds et les femmes la pilent, la tamisent et y rajoutent de l’eau. Puis l’artisan graisse ses mains avec du beurre de karité et fait une petite boule en roulant l’argile entre ses deux paumes. Cette perle est percée par le milieu par un bambou fin et séchée 24 h au soleil pour devenir blanche. Enfin, on la fait cuire 24 h, dans un trou fait dans la terre qui fait office de four, enfouie dans du son de riz pour favoriser une combustion lente. A la cuisson, la perle devient noire. Elle est alors prête à être peinte. L’artisan prépare ses couleurs naturelles lui-même en écrasant des feuilles fraîchement cueillies entre ses mains. Le jus recueilli est de couleur différente suivant la plante utilisée : le teck pour le rouge, le kinkiliba pour le vert, l'argile pour le jaune et le kaolin pour le blanc. Seul le bleu est chimique.

La perle est enfilée sur une tige de bambou que l’artisan cale sur le dessus de son pied: il peut ainsi faire tourner la perle d’une main et la peindre avec une plume de l’autre. Après 2h de séchage au soleil, on procède au vernissage. Il ne reste alors plus qu’à monter le bijou en enfilant les perles sur du fil accompagnées d’un fermoir. 

Dans le groupement du village de Kapélé, 40 femmes et 60 hommes participent à la fabrication des perles. Chaque artisan accomplit toutes les étapes du processus de fabrication. Ils travaillent de manière indépendante, tous les jours et toute l’année. Une même personne peut faire en moyenne 2 colliers par jour.